Le dernier commit de février est daté du 26. Le suivant est du 20 août. Entre les deux, rien. Pas un projet, pas une correction, pas une note dans ce journal.
Ce n’est pas un choix, et ce n’est pas un drame non plus. En mars, j’ai pris la direction avant-vente d’une activité de paiement numérique en Afrique. En avril, en parallèle, le pilotage d’un programme de vision par ordinateur. Deux postes, deux équipes, des semaines pleines. Le soir, je n’ouvrais plus l’éditeur.
Ce que je croyais
Qu’en février j’avais appris à construire avec ces outils, et que ça se garderait, comme le vélo. Que je pourrais reprendre n’importe quand, au même endroit.
Ce que c’était
Ce qui s’est passé pendant ces cinq mois, c’est que les outils ont changé plus vite que ce que j’en savais. Ce que je faisais en février avec beaucoup de consignes et de vérifications, l’outil le fait aujourd’hui avec moins d’instructions et moins d’erreurs. Le gabarit à quatorze agents qui me paraissait sophistiqué est devenu inutile : le modèle sait découper un projet seul. Les tests de bout en bout que je considérais comme un luxe se sont mis à coûter dix minutes.
Et ce qui n’a pas changé, c’est le reste. Le téléphone qui n’est pas le mien. La variable d’environnement avec un retour à la ligne. Le plan qui donne un ordre mais pas une durée. Tout ce que j’avais noté en février tenait encore en août.
Ce qui m’a fait revenir, ce n’est pas une envie abstraite. C’est le club de taekwondo dont je suis président, dont le site tombait en morceaux à trois semaines de la rentrée, avec des inscriptions à faire fonctionner début septembre. Une contrainte réelle, une date, des gens qui attendent. Le 20 août, j’ai rouvert l’éditeur pour ça.
Ce que j’en retiens
Le journal a une dette d’honnêteté : il s’appelle « depuis février », et février a duré un mois. Je préfère l’écrire ici plutôt que d’étaler des entrées sur un printemps où il ne s’est rien passé. Ce qui se construit ensuite, à partir du 20 août, se construit dans les soirées et les week-ends, à côté de deux métiers, et c’est aussi ce qui rend les choix intéressants : quand on a trois heures, on ne construit pas la même chose que quand on a une semaine.
Le vélo, on ne l’oublie pas. Mais le vélo a changé pendant qu’on ne roulait pas, et il faut réapprendre où sont les vitesses.
Cinq mois sans construire, ce n’est pas cinq mois de retard. C’est cinq mois pendant lesquels les outils ont pris de l’avance sans moi.
Recevoir le journal
Une entrée par semaine environ. Ce que je construis, ce qui casse, ce que j'apprends. Pas de promotion, désinscription en un clic.
Vous pouvez aussi suivre le flux RSS.